RÉSIDENCES

Corridor, Liège (2019)

Des planches de bois, des vis, des idées, beaucoup d’envie et encore rien d’assemblé. Voilà nos bagages pour arriver à cette résidence.

Ce fut donc une première plongée dans le projet, dans mon imaginaire, mettre de la matière sur toutes ces idées. Plonger dans une esthétique et la préciser de jour en jour. Nous avons donc, pendant deux semaines, créé la base du décor dans lequel évoluerait notre marionnette. Nous avons trituré la matière, cherché, trouvé, recommencé… Tout ce décor se trouvait sur un triporteur, car l’idée du projet est de voyager de village en village pour conter notre histoire. Le temps d’une soirée, voler quelques grains de sable au sablier de nos vies, repeindre ensemble notre ciel d’un bleu vif qui secoue et caresse les cœurs. Nous voulons que chacun reparte avec son baluchon d’étoiles, qu’il gardera bien chaudement dans sa poche et un coin de sa mémoire lorsque que le sablier coulera à nouveau.


Pied en coulisses, Lamorteau (2019)

Elles deux parties un jour, parce que pluie, parce que gris, tout gris, parce que les valises prêtes et jamais oser le départ, parce que tes yeux gris, parce que t’es triste, parce que grande envie de chef d’orchestre et faire battre les cœurs, une armée de cœurs, fleurs aux carquois, qui ne battraient plus les tambours à l’arrivé d’une nouvelle guerre mais une valse, un tango, qui nous feraient danser, tourner, tourbillonner de plaisir.

Et ça f’rait des grands tagada tagada tagada…

Parce q’un tagada résonne encore dans leur cage un peu vide, souvenir d’un tagada de quand on est petit, les tagadas ensoleillés de l’enfance, un tagada qui arrache la poitrine, un tagada d’un ballon parti un peu trop loin, un tagada de bêtise, une tagada de grands fous rires, un tagada de même pas peur, un tagada de batailles de boules de neige, un tagada de gros chagrins à peine exagérés.

Tagada tagada tagada.

Je l’entends qui cogne ton petit cœur, tagada, tagada, ton cœur d’enfant enfermé un peu trop tôt. Mon métronome prend tes battements, je les enregistre pour mes jours gris et pluvieux. Elles deux parties, peut-être un peu trop loin, ou peut-être pas assez, avec grande envie qu’on se le redessine ce ciel bleu, qu’on fasse péter les couleurs. Elles deux parties, valises sur la bicyclette, un tagada frémissant dans le cœur, leur taille crayon en poche.


Corridor, Liège (2020)


Résidences au Monty (2020-2021)